Lancement officiel du chantier de la Chatière

Postée le 01/04/2025

Le chantier tant attendu de la Chatière, permettant un accès fluvial direct à Port 2000, a officiellement débuté le 17 mars 2025 au Havre. Ce projet, estimé à environ 200 millions d’euros, représente une avancée stratégique majeure pour le premier port français de conteneurs. Attendu depuis près de 20 ans, il vise à fluidifier le transport fluvial et à réduire la dépendance au transport routier.

Un projet longtemps retardé, mais essentiel

Lors de l’inauguration, plusieurs figures politiques et économiques étaient présentes, notamment Édouard Philippe, maire du Havre, et Hervé Morin, président de la Région Normandie. Jusqu’à présent, l’absence d’un accès fluvial protégé à Port 2000 obligeait les navires fluviaux à transborder leur cargaison, un obstacle majeur au développement du transport par la Seine. Ce manque, qualifié de « piteux ratage », freinait l’intégration du Havre dans les flux logistiques européens.

Contrairement aux grands ports d’Anvers et Rotterdam, Le Havre ne disposait pas de chenal d’accès pour les péniches et barges. « Impossible pour de simples péniches de rejoindre les imposants portiques et de faire transiter les marchandises des cargos à quai », regrette Didier Leandri, président d’Entreprises fluviales de France.

Un enjeu économique et écologique majeur

La solution repose sur la construction d’une digue de 1 800 mètres, qui protégera les barges de la houle et assurera un passage sécurisé entre Port 2000 et la Seine. Les travaux, menés par Teralian et DEME, débutent par une phase de diagnostics pyrotechniques et fouilles archéologiques, qui durera six mois avant la construction effective du chenal.

Ce chantier s’inscrit dans la stratégie de développement durable et de multimodalité d’Haropa Port. « C’est un projet majeur pour la transition écologique, qui va augmenter la part du transport fluvial et placer Port 2000 au niveau des standards européens », souligne Benoît Rochet, directeur général d’Haropa Port. Actuellement, 85 % des conteneurs transitent par la route, contre seulement 10 % par la Seine et 5 % par le rail. L’objectif est de faire passer la part du fluvial et du ferroviaire de 15 % à 20 %, soit 12 % pour le premier et 8 % pour le second.

Un projet soutenu et des investissements d’envergure

Le projet, financé à hauteur de 86 millions d’euros par la Région Normandie et 82,4 millions d’euros par Haropa Port, bénéficie également du soutien de l’État et de l’Union européenne. Pour Hervé Morin, il s’agit d’« une carte en main supplémentaire pour renforcer la compétitivité du Havre ». Ce chantier s’accompagne d’autres investissements colossaux. Notamment, TiL (filiale de MSC) et Hapag-Lloyd investissent massivement pour renforcer l’attractivité et les capacités du port. Si le calendrier est respecté, la mise en service de cette infrastructure stratégique est prévue pour le premier semestre 2027. Ce projet vise à positionner durablement Le Havre dans la « course au gigantisme » portuaire européen et de favoriser une massification du transport fluvial, essentielle à la compétitivité et à la transition écologique du port.

 

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